Lutter contre l’isolement : une mission à plein temps

Lutter contre l’isolement : une mission à plein temps

À la ludothèque de Ker-Uhel à Lannion, l’occasion de se rassembler était donnée aux habitants pour la « Fête des familles ». Organisée en partie par le centre social l’Horizon et celui de Saint Elivet, l’objectif est de créer du lien. 

L’odeur des fraises chatouilles les narines dès l’entrée. Dans une main une brochette de fruits et dans l’autre un pot de chocolat fondu. Ce mercredi, entre les murs verts et roses de la ludothèque de Ker-Uhel, une dizaine d’enfant étaient présent pour la « Fête des familles ». À l’initiative de l’évènement,  le centre social de l’Horizon et de Saint Elivet, le Manoir de woas wen, Anim’quartiers et Prév’Lannion. Isabelle Guégueu et Rachel Gauthier, référentes familles et agentes de développement, animaient l’atelier.

– Discussions entre les enfants, Rachel et Isabelle durant l’atelier smoothie

L’objectif est de réunir les habitants des quartiers respectifs des animatrices, Ker-Uhel pour Rachel et Ar Santé-Les Fontaines pour Isabelle. Une mission qui a rencontré quelques difficultés. Problèmes de mobilité ou hésitation à franchir les portes de la ludothèque, peu de familles se sont rendues au rendez-vous. Les activités, elles, ne manquaient pas. À l’extérieur, un atelier de composition florale était proposé aux plus jeunes, et au fond de la ludothèque, une activité de personnalisation de porte-clés. Les activités, en collaboration avec les deux centres sociaux sont nombreuses. La mission : combattre l’isolement et s’émanciper.

Au cœur de la vie de quartier

Au sein des deux quartiers prioritaires de Lannion, les centres sociaux jouent un rôle central pour animer la vie des habitants. À l’Horizon, le mercredi c’est tricot ! Pour Mina, 77 ans, c’est avant tout « un moyen de créer du lien entre nous ».

Image de Mina et Solange, participantes à l'atelier tricot.
Mina à gauche et Solange à droite participent tous les mercredi à l’atelier tricot au centre social l’Horizon. ©Sarah AYED

Solange, à sa gauche, fréquente le centre depuis 2004, téléphone à la main, elle défile les photos de sa galerie. À travers son objectif, elle a capturé de nombreux moments vécu avec le centre : balades en forêt, sortie au cirque, visites au zoo et ateliers cuisine du mardi. Les deux retraitées ne manquent pas de revenir, sourire aux lèvres, sur les plats réalisés durant les ateliers cuisine. C’est sans doute, le rendez-vous à ne pas manquer. En raison du succès de l’atelier cuisine, les habitants se retrouvent à alterner un mardi sur deux pour y participer. Au prix de 2€, ils cuisinent puis mangent ensemble. Pour Philippe, qui vit depuis deux ans dans sa voiture près du centre social, ce sont des moments essentiels.

« Je participe à quasiment toutes les activités, sans ça, je ne verrai pas grand monde» – Philippe

Pour satisfaire tout le monde, chaque jour, un rendez-vous différent est donné.

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Combattre l’isolement avant tout

Selon le site du gouvernement : « Les personnes les plus précaires sont toujours les plus isolées, en particulier les personnes au chômage dont le taux d’isolement est bien supérieur à celui du reste de la population. » Ce qui fait écho, une certaine typologie de personnes assistent aux atelier.

« Ce sont souvent des familles monoparentales, en particulier des femmes, qui ont peu de moyens » -Isabelle

En raison de problèmes de mobilité, il est important de créer de la vie au sein du quartier lui-même avant de vouloir s’émanciper de son cadre. En sortir reste important « Nous voulons désacraliser certains lieux, comme les musées. L’objectif est de rendre accessible un ensemble de services » explique Isabelle.

Carte des quartiers de Lannion
Ker-Uhel et Ar-Santé ont le statut deQPPV. Pen An Ru n’a pas ce statut.

Le centre social l’Horizon est principalement financé par la CAF, il appartient donc au secteur privé. Au quartier d’Ar Santé-Les Fontaines, les problématiques sont différentes car le centre est associatif, financé par les politiques sociales. Le statut de quartiers prioritaires qui les réunit, leur permet d’obtenir des financements. Garder ce statut est un enjeu fondamental pour assurer la durabilité de ces actions. Ce qui n’est pas évident, il faut remplir certains critères, un nombre minimum d’habitants par exemple. À Pen An Ru, les conditions de vie sont similaires et la précarité croissante, mais faute de population, il ne peut obtenir le statut de QPPV. Les incidences sont directes : une intervention limitée des structures sociales. Ici, l’isolement se présente comme un défi encore plus ardu.

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Sarah.ayed

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