En Bretagne, les petites villes se mettent aux Prides

En Bretagne, les petites villes se mettent aux Prides

Morlaix l’année dernière, Concarneau et Dinan dans quelques jours… Avec le temps, plusieurs petites villes bretonnes voient naître des collectifs LGBT+, et avec eux leurs premières marches des fiertés locale.

Depuis quelques années, plusieurs petites et moyennes villes bretonnes revêtent l’arc-en-ciel pour la première fois. Cela a par exemple été le cas de Lorient en 2021, puis de St Brieuc en 2022. En 2023, la marche des fiertés s’exporte aux petites métropoles avec la naissance de la première Pride de Fougère. Rebelote cette année : en Bretagne, ce sont deux petites agglomération qui ouvriront le mois des prides. En effet, la communauté LGBT+ de Concarneau et de Dinan exprimera sa fierté dès le 1er juin, et ce pour la première fois d’un point de vue local historique. Mais qui sont les organisateurs de ces primo-prides ? Quelles sont les raisons qui les poussent à initier ces rassemblements festifs ?

“On veut être l’étincelle”

« Les Prides les plus proches sont à Rennes ou à St Brieuc, mais tout le monde n’a pas les moyens d’aller là-bas » – Enzo, 17 ans, membre de l’organisation de la Pride de Dinan

A Dinan, c’est un groupe d’une dizaine de lycéens, le Collectif Egalité, qui est à l’initiative de la Pride. Après avoir fondé ce collectif il y a 3 ans, cette marche qui aura lieu dans le centre historique est pour eux une forme de consécration. « Déjà en seconde, on y pensait, et l’année dernière l’idée à continuer à nous trotter dans la tête. Donc cette année, on s’est dit qu’on allait le faire à fond ! », explique Enzo, chargé de communication du collectif. Motivés par une vraie demande d’un tel événement par les personnes LGBT+ de Dinan, ils ont fait naître ce projet. « Les Prides les plus proches sont à Rennes ou à St Brieuc, mais tout le monde n’a pas les moyens d’aller là-bas », développe-t-il. « Le but, c’est qu’elle puisse revenir tous les ans, comme dans les autres villes. On veut être l’étincelle ! », s’enthousiasme le jeune de 17 ans.

D’autant plus que l’organisation d’un tel événement représente un vrai défi. Organisation, répartition des tâches, contact des diverses institutions, levée de fonds… Les obstacles à contourner sont nombreux. Et les jeunes dinannais voient les choses en grand. Les paramètres qu’ils prennent en compte pour faire naître leur projet sont nombreux. « Il y a des commerces un peu partout, on ne veut pas les handicaper ni bloquer trop de rues », indique Enzo. « On a aussi galéré à trouver une date : on ne voulait pas être à cheval sur un autre événement à Dinan ou sur la Pride de Rennes. Du coup, la date a été changée plein de fois ! », continue-t-il.

Un phénomène multifactoriel

Finalement, à Dinan c’est le 1er juin qui a été choisi, une date significative puisqu’elle ouvre le mois des fiertés LGBT+. « Le choix du premier juin, c’est un parti pris : c’est bien qu’on fasse ça avant Rennes, c’est symbolique. On montre que même dans les villes rurales, on peut faire quelque chose ! ». Pour lui, plusieurs éléments expliquent cette diffusion des prides dans les petites villes. « Le climat est propice à la montée des prides : c’est plus politiquement correct qu’avant, et il y a une volonté de lutter contre l’extrême droite. Il y a aussi un côté géographique, et une forme de mimétisme : ça marche ailleurs alors pourquoi pas chez nous ? », conclue-t-il. 

« Dans les petites villes, il y a un truc où on se dit ‘ça nous concerne pas’ : on veut ramener le débat et l’enjeu au local. » – Camille, membre de l’organisation de la pride de Concarneau

Une analyse partagée par les membres du planning familial de Concarneau, structure organisatrice de la pride locale. Pour eux, la volonté de visibiliser l’existence des personnes LGBT joue aussi un rôle fondamental. « Je pense que dans les petites villes, il y a un truc où on se dit ‘ça nous concerne pas’ : on veut ramener le débat et l’enjeu au local. Les minorités de genres et d’orientation sexuelles n’existent pas que dans les grandes villes. », explique Camille (le prénom a été modifié), membre de l’organisation de la pride de la Ville Bleue.

Aussi un symboles d’une lutte politique

Pour Camille, l’enjeu est aussi la lutte contre l’isolement des personnes LGBT+ en territoire rural. « Un des objectifs c’est de permettre un espace de rencontre, créer une communauté sur Concarneau et de liens entre les gens. Il y a aussi un objectif politique : on le voit particulièrement avec le projet de loi contre les mineurs trans. On veut rappeler que les personnes concernées sont un peu partout. », développe-t-iel. 

« On montre qu’ on est pour l’inclusion, aimer qui on veut, être qui on est, et qu’on a la rage contre ce qui se passe. » – Enzo, 17 ans, membre de l’organisation de la Pride de Dinan

« Nous on se dit que ce qu’on fait est hyper politique . Quelqu’un nous a envoyé un message pour nous dire merci de faire ça, parce qu’aujourd’hui il y en a vraiment besoin. Avant même que le livre transphobe Transmania sorte, on voulait déjà lutter pour encore plus de droits ! On montre qu’ on est pour l’inclusion, aimer qui on veut, être qui on est, et qu’on a la rage contre ce qui se passe. », confirme Enzo.

Un drapeau transgenre brandit et flottant au vent pendant une manifestation
Un drapeau transgenre brandit lors d’une manifestation – © Arif Kartono – AFP

Une mobilisation nécessaire à l’heure ou les droits des personnes LGBT+ et notamment transgenres sont menacés partout dans le monde. Même en France, des textes de lois, discours et écrits fleurissent pour bloquer l’accès des personnes trans à des droits que les militants jugent fondamentaux. Rendez-vous le 1er juin donc, à Dinan et Concarneau mais aussi dans toute la France de début juin à fin juillet pour un mois des fiertés festif et engagé.

 

Retrouvez la date et le lieu de la mobilisation bretonne la plus proche de chez vous ici : https://www.letelegramme.fr/bretagne/pride-2024-en-bretagne-heures-et-lieux-des-marches-des-fiertes-6583645.php

 

A lire aussi : Histoire des prides en France et dates des prides en 2023

A voir : documentaire « La Pride des champs, France tv

 

elolastar

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