Delphine Le Floc’h, porteuse de la flamme olympique : “Je pensais que c’était une blague”

Delphine Le Floc’h, porteuse de la flamme olympique : “Je pensais que c’était une blague”

Depuis le 8 mai dernier, la flamme olympique traverse la France. Delphine Le Floc’h, sapeur-pompier volontaire à Plouescat (29), la portera lors de son passage dans le Finistère le 7 juin 2024.

Une sapeur-pompier qui porte une flamme, ça ne vous étonne pas ? Ça a en tout cas surpris Delphine Le Floc’h, pompier volontaire à Plouescat (29). Tirée au sort parmi plus de 2000 pompiers du département, elle est « honorée et fière d’avoir été sélectionnée” pour porter la flamme.

Pour cette sergente-cheffe, habituellement peu chanceuse lors des tirages au sort, cette sélection a été un choc. « Au départ, je pensais que c’était une blague, raconte-t-elle. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser ce qui se passait. » Sa famille, toute aussi surprise, a eu du mal à croire à cette annonce jusqu’à ce que cela soit confirmé par les journaux locaux.

Entre sportive et pompier, il n’y a qu’un pas

Tout a commencé l’été dernier, lorsque tous les pompiers de la caserne de Plouescat (29) ont reçu un mail du département, contenant un questionnaire intitulé “Porteur de la flamme, pourquoi pas vous ?”. Sans trop d’espoir, elle a complété et renvoyé le questionnaire, mettant en avant l’importance de la féminisation dans les domaines des pompiers et du sport. « Je voulais montrer qu’on peut être du côté féminin et réussir tout autant dans ces milieux-là, » affirme-t-elle. Actuellement opératrice sportive pour les pompiers, elle a souhaité mettre une chose en avant dans son dossier : “je trouve que les valeurs du sport se retrouvent pas mal dans le métier de pompier, par exemple au niveau de la cohésion et du travail d’équipe, de l’entraide, ou du respect. »

« Mentalement, je ne réaliserai pas ce qui se passe tant que je n’y serai pas », confie-t-elle.

Après 6 mois d’attente, le choix a été officialisé le 18 janvier, à Quimper, lors des vœux du président du Conseil départemental, Maël de Calan : c’était bien elle qui allait porter la flamme.

La carte du Finistère pendant la traversée du relai de la flamme olympique ©EwenSainty
La carte du Finistère pendant la traversée du relai de la flamme olympique ©EwenSainty

Delphine a toujours été passionnée par le sport. Avant de devenir pompier, elle a effectué une licence de Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Une formation qui lui a donc donné des idées pour s’entraîner de manière originale : remplir des bouteilles d’eau avec du sable pour qu’elles pèsent 1,5 kilos, le même poids que la flamme olympique. Toutefois, elle reste consciente que l’impact émotionnel de cet événement ne sera pleinement ressenti que le jour J. « Mentalement, je ne réaliserai pas ce qui se passe tant que je n’y serai pas », confie-t-elle.

À lire aussi : Dans le Finistère, le passage de la flamme olympique en chiffres

Du feu à la flamme

Et ce n’est pas à n’importe quel endroit que Delphine portera la flamme. Le 7 juin 2024, à 17h07, elle se retrouvera aux Monts d’Arrée. Un lieu chargé de souvenirs et d’émotions pour elle. Durant l’été 2022, la sapeur-pompier y avait combattu des incendies. « C’est hyper symbolique et touchant pour moi de porter la flamme là où il y a eu les feux des Monts d’Arrée, partage-t-elle. Je n’y suis pas retournée depuis ces événements et je garde des images où tout est noir, brûlé, en fumée. »

À la caserne, ses collègues la taquinent gentiment, trouvant “ironique qu’un pompier soit choisi pour tenir une flamme, surtout dans une zone marquée par des incendies”. Néanmoins, cette expérience s’annonce pour elle comme “une opportunité unique de célébrer et de partager les valeurs de courage et de solidarité qui animent les pompiers au quotidien”. En portant la flamme olympique, elle espère ainsi encourager d’autres femmes à suivre cette voie et à croire en leurs capacités à exceller dans des domaines traditionnellement masculins.

À lire aussi : « Un bon éclairage pour le Finistère » : la fierté de Jean le Cam, un mois avant le passage de la flamme olympique

esainty

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *