Festival de Cannes : le conflit israélo-palestinien s’invite sur le tapis rouge

Festival de Cannes : le conflit israélo-palestinien s’invite sur le tapis rouge

La 77ème édition du Festival de Cannes se déroule du 14 au 25 mai 2024. Cate Blanchett, Philippe Torreton, Leïla Bekhti ou encore Omar Sy ont pris position en faveur d’un cessez-le-feu.

Entre robes à paillettes, costards et photographes, le festival de Cannes se passe dans un climat festif. Ce prestigieux festival met à l’honneur la culture cinématographique. C’est le rendez-vous annuel des stars. Les célébrités apprêtées de tenues de marques se retrouvent à des soirées luxueuses. Durant cette semaine, la montée des marches est un moment de paraître et de magnificence.

Mais en coulisse des tensions sur le conflit israélo-palestinien sont apparues. En effet, Gaza connaît aujourd’hui son 230ème jour de frappes militaires, Cannes, lui, accueille le festival. Les célébrités prennent parti pour la libération des otages.

Des signes dissimulés dans les tenues

Le Festival de Cannes est un évènement qui permet aux célébrités de se montrer sur le tapis rouge avec des tenues de gala. Les vêtements sont un moyen d’expression. Les célébrités peuvent passer des messages à travers leur défilé. Durant la première partie du festival, de nombreux signes de soutien ont été discrètement intégrés dans les tenues. Du ruban jaune sur la veste de l’acteur Philippe Torreton à la robe de Cate Blanchett, leur soutien était plus ou moins caché. Les signes étaient principalement sous forme de couleurs. On retrouvait le jaune qui est le symbole de la solidarité avec les personnes toujours détenues à Gaza. De plus, la robe de l’actrice australienne reprenait les couleurs du drapeau de la Palestine : le noir, le blanc, le vert et le rouge du tapis cannois.

Photo de Philippe Torreton sur le tapis rouge du festival de Cannes avec le ruban jaune
Philippe Torreton montre son soutien pour les otages du Hamas avec son ruban jaune.

Un soutien au-delà du tapis rouge

Leurs signes ont traversé le tapis rouge mais pas que… On les retrouve également sur les réseaux sociaux. Les célébrités ont publié des posts sur leur compte Instagram et Tiktok. Leur but : appeler au cessez-le-feu. S’ils s’investissent dans ce conflit, c’est en partie en raison de leurs origines, leurs convictions ou encore leur expérience. C’est le cas d’une survivante de l’attaque du Hamas du 7 octobre, Laura Blajman-Kadar. Elle portait une robe jaune avec des photos d’otage du Hamas.

Leïla Bekhti, de son côté, montre régulièrement son soutien à la cause palestinienne. Le festival était, pour elle, une occasion de plus pour le transmettre. En partenariat avec l’UNICEF, elle partage des vidéos pour apporter du soutien aux enfants qui subissent ce conflit.

« Je prie pour que tous les otages rentrent chez eux indemnes et puissent retrouver leurs familles. Je prie pour les Palestiniens, qui subissent l’occupation, la colonisation, et l’apartheid depuis des années. Leurs droits humains et leur dignité ne devraient pas être sujets à débat. Car c’est là que réside notre humanité. » – Leïla Bekhti

 

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#Blockout

Si certains ne cachent pas leur soutien pour les Palestiniens, d’autres restent dans le silence. Un mouvement de dénonciation envers ce silence se traduit par le hashtag #Blockout. Il a été lancé durant le Met Gala, le 6 mai 2024, aux États-Unis. Il s’étend maintenant jusqu’en France. Ce hashtag amène à bloquer et à boycotter les célébrités qui ne se sont pas prononcées sur le sujet. Beyoncé, Kim Kardashian ou encore Ariana Grande ont perdu énormément d’abonnés sur les réseaux sociaux suite au hashtag. Pour un ordre d’idée, l’actrice Zendaya a perdu 166 000 followers sur Instagram.

Lire aussi : Gaza : c’est quoi #blockout2024, le mouvement qui grandit sur les réseaux sociaux 

Comme une impression de déjà-vu

Ce n’est pas nouveau, le conflit Israël-Hamas s’est déjà invité à des festivals de remise de prix. Une fois de plus, les acteurs et les actrices montrent leur soutien aux Palestiniens. Récemment, lors des Oscars, Justine Triet, réalisatrice d’Anatomie d’une chute ou encore la chanteuse Billie Eilish ont porté un pin’s pour appeler au cessez-le-feu.

Affiche du film Invention DivineAffiche du film Le temps qu'il resteAffiche du film It must be heaven

De plus, au festival de Cannes, en 2002, Elia Suleiman a obtenu le prix du jury pour Intervention divine. Le film raconte l’histoire d’un amour impossible entre un Palestinien de Jérusalem et une Palestinienne de Ramallah. En 2009, il a présenté Le temps qu’il reste. Un film sur une famille palestinienne. Continuant dans la dénonciation, en 2019, le cinéaste a proposé It must be heaven. Un film très controversé car c’est une comédie. Avec ce film, Elia Suleiman souhaitait dénoncer avec sarcasme le conflit.

Cette année pas de film en compétition sur le conflit. Cependant, le réalisateur palestinien Rashid Masharawi en a décidé autrement. Il crée le projet Ground Zero. Ce projet a pour but de diffuser, sur le port de Cannes, des films de réalisateurs gazaouis sur leur quotidien. Le but est de rappeler la réalité de ce qu’il se passe à Gaza pendant que le festival de Cannes se déroule sous la lumière des projecteurs.

zoe.duhamel

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