La représentation des femmes par Hayao Miyazaki

La représentation des femmes par Hayao Miyazaki

Pour sa 77e édition, le Festival de Cannes a mis en lumière les œuvres des Studios Ghibli, le légendaire studio d’animation japonais. Le lundi 20 mai, c’est l’auteur de ces créations fascinantes et poétiques qui a reçu la Palme d’honneur. Depuis 1985, Hayao Miyazaki fait rêver son public avec ses films, témoignant d’un engagement certain envers la cause féminine.

 

Avec plus d’une vingtaine de films à son actif, le cofondateur du studio Ghibli, Hayao Miyazaki, connaît un succès mondial. Il est l’un des cinéastes les plus accomplis de l’histoire de l’animation. L’auteur avait déjà reçu un oscar en 2003, pour le meilleur film d’animation avec Le voyage de Chihiro. Il a par la suite enchainé les prix dans le monde entier.  Une des clés de son succès est la représentation des femmes, plus que jamais mise en avant dans ses œuvres.

 

Des œuvres qui prônent l’émancipation féminine

D’autres auteurs japonais choisissent de représenter la femme avec des formes exagérées, au caractère et à la personnalité stéréotypés. Hayao Miyazaki a opté pour une approche différente. Dans tous ses films d’animation, il met les femmes en avant. Elles occupent le premier rôle et sont décrite comme courageuses et émancipées.

Parmi ces personnages féminins, l’un en particulier a marqué les esprits du public : la princesse Mononoké. Cette jeune femme au caractère singulier incarne une image moderne de la femme. Elle est prête à se battre pour une cause, la protection de la forêt. En parallèle, un autre personnage féminin du film, « la maîtresse des forges », est d’abord perçue comme la méchante. Cependant, elle se distingue par son engagement à sauver d’anciennes prostituées en leur offrant un emploi, un toit. Elle leur apprend à s’affirmer en tant que femmes indépendantes.

En mettant à l’honneur ces deux personnages féminins, Hayao Miyazaki souligne une autre cause qui lui tient à cœur. L’écologie et la préservation de l’environnement.

 

 

 

 

 

 

 

La représentation du rapport au corps

L’auteur utilise aussi l’animation pour explorer le rapport au corps de ces personnages féminins. Dans certains de ses films, le corps des personnages se transforme, se déforme de manière totalement inhumaine. C’est le cas dans son œuvre Ponyo sur la falaise. Le personnage principal, un poisson mi-humain, se transforme progressivement en petite fille après s’être émancipée de sa famille. Plus particulièrement de son père.

La vieillesse et la peur du temps qui passe sont  symbolisées dans Le Château ambulant, où le personnage principal est frappé par un sort qui la fait vieillir rapidement. La jeune femme, qui au début du récit manque de confiance en elle, se réapproprie son corps au fil de l’histoire et finit par s’accepter telle qu’elle est.

Storybord Princesse Mononoké, Halcyonrealms.eom

Le rôle de la femme en lien avec ses inspirations

Hayao Miyazaki s’est inspiré de nombreuses histoires vraies, comme pour Le Tombeau des lucioles, ainsi que de mythes et de périodes historiques. Bien que la guerre soit un thème récurrent, une autre époque,  est également représentée : l’Âge d’or. Connue sous le nom japonais de période Heian, cette époque est synonyme de paix et de progrès pour les femmes. Elles obtiennent de nouveaux droits, tels que celui d’hériter, d’étudier, de posséder des biens et de vivre librement leurs relations amoureuses. Ces droits leur sont cependant retirés lors de la période Edo, où les femmes sont contraintes d’appartenir à leur mari.

Hayao Miyazaki va à l’encontre de cette régression historique en représentant des femmes indépendantes, capables d’élever leurs enfants seules et de protéger leur foyer. C’est le cas dans Ponyo sur la falaise, où la mère, jongle entre son travail et l’éducation de son fils avec force et détermination. De même, dans Souvenirs de Marnie, l’amour et la protection d’une grand-mère envers sa petite-fille sont mis en avant, illustrant la capacité des femmes à incarner des rôles puissants et protecteurs.

Miyazaki célèbre la femme sous tous ses angles et se révèle être un précurseur du féminisme dans l’animation. En mettant en scène des personnages féminins forts, complexes et variés, il offre une vision égalitaire et progressive de la société. Ses films transcendent les stéréotypes de genre et offrent des modèles d’inspiration pour toutes les générations.

 

Article de Clara Malavergne

 

 

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